A la rencontre de Faustine Bacquet

A bientôt 19 ans, Faustine Bacquet est une chasseresse que vous avez certainement « croisé » sur l’ensemble des réseaux sociaux, ou tout du moins via Facebook sur sa page éponyme. Habitante dans les Cévennes au pied du Mont Aigoual, notre étudiante suit une formation BTSA Productions Animales à Rodez. Le métier de ses rêves plus tard ? Vétérinaire.

Chaque vendredi soir, c’est le même rituel : une fois les cours terminés, Faustine délaisse ses camarades rodéziens le temps du weekend pour rentrer au domicile familial. Outre le plaisir de retrouver les siens, elle rejoint son équipe chaque samedi et dimanche. Car oui, elle me le confesse, « j’aime la chasse depuis toute petite ; mon père m’a transmis sa passion et son savoir ». Toutefois, une chose prend encore plus de place dans le cœur de notre nemrod : ses chiens. « Depuis que je me suis rendue dans un chenil pour la première fois de ma vie, je ne les quitte plus » avoue-t-elle. D’ailleurs, ce que Faustine préfère, c’est s’occuper d’eux, les dresser, faire le pied, les lâcher et les suivre dans la traque. Preuve en est, depuis trois ans, elle et son paternel montent une meute de griffons vendéens.

Son premier sanglier, un souvenir à jamais gravé

Faustine a suivi le parcours « classique » du jeune chasseur : à 15 ans elle passait la chasse accompagnée, et un an plus tard, en 2014, elle obtenait son permis. Cette même année, et avec l’aide de deux de ses chiens, dont Benji, elle prélève son premier sanglier. Un souvenir mémorable, qu’elle a tenu à me raconter.

Il faisait froid ce jour-là, l’hiver s’étant bien installé sur tout l’Hexgone. Accompagnée d’une copine, « j’étais postée dans un petit endroit et mon père avait lâché deux de nos fidèles compagnons ; très vite, ils mènent vers moi ; j’entends marcher et mon premier réflexe est d’épauler ; je m’attend à ce qu’un sanglier passe entre deux buis comme me l’avait indiqué papa, mais rien ne passe ; je me retourne alors et je le vois planter là, à 3 mètres à peine; j’opère un rapide demi tour sur moi même et je tire une balle pleine tête ; la bête noire tombe ». A ce moment là, Faustine met quelques instants à réaliser qu’elle vient de prélever son premier gros gibier. Alors l’émotion l’envahit, les larmes lui montent aux yeux et elle s’écrie fièrement : « Papa !! J’ai tué un sanglier ! ».

Faustine Bacquet Pour notre chasseresse, Benji a fait un travail incroyable ce jour-là. Décédé il y a peu à l’âge de 11 ans, cet article est aussi l’occasion de lui rendre hommage. En effet, « un chien comme ça on n’en a qu’un » d’après Faustine. « C’est lui qui m’a accompagné depuis toute petite, c’est lui qui m’a fait découvrir la chasse, c’est lui qui m’a fait tirer mes premiers sangliers, et c’est lui encore qui m’a permis de remporter mon premier concours de chasse ».

L’amour et la passion des chiens avant tout

Vous en conviendrez, il y a plusieurs raisons qui poussent un chasseur à partir à la chasse. Faustine, elle, y va pour passer du bon temps avec ses amis, marcher, se dépenser, être dehors et admirer les paysages. « Je chasse sur une zone assez escarpée et montagneuse, dont le plus haut sommet culmine à environ 1300 mètres ».

Droguée… c’est le mot que j’emploierais pour décrire sa relation avec l’univers cynégétique. Et c’est vrai, quand quelqu’un vous annonce qu’il ne peut pas louper un seul weekend de chasse, c’est là que le terme accro prend tout son sens. « J’ai besoin d’y aller pour me sentir bien, faire le vide, et vivre le moment à 100% » m’indique-t-elle. Et de poursuivre : « c’est plus qu’une passion ; d’ailleurs, les plus beaux moments me sont procurés par mes chiens ; le fait de voir qu’ils trouvent un pied, lèvent et poussent les sangliers me rend très fière, comme ce jour où Luke, un grand griffon vendéen, a lancé ses premiers cochons ». Un sentiment indescriptible, à n’en pas douter.

Point de vue équipement, notre diane possède une carabine Benelli Argo E Pro en calibre 30.06, sur lequel est fixé un Aimpoint. Au rayon vestimentaire, ses habits proviennent du dessinateur Mahm et du site LesBetesnoires. Ses chiens aussi ne sont pas en reste puisqu’ils sont entièrement équipés d’accessoires Canihunt (dont des gilets Dog Armor). Les chanceux !

Entre mauvais souvenir et place de la femme à la chasse, Faustine Bacquet se confie

Alors oui, la chasse procure des émotions incroyables.. mais des mauvais souvenirs dans notre « carrière » on en a tous eu, tout comme Faustine. Elle me raconte : « alors que j’étais restée à l’école pour une réunion obligatoire un samedi matin, mon père, lui, chassait avec mes quatre vendéens ; vers midi, je reçois un coup de téléphone de sa part m’indiquant que trois d’entre eux se sont fait ouvrir gravement ; direction le vétérinaire en toute urgence ; Maya a perdu beaucoup de sang mais le médecin nous rassure en disant que tout le monde est sorti d’affaire ; arrivés à la maison, m’étant assoupie quelques instants dans ma chambre, j’ai un mauvais pressentiment ; je m’empresse de descendre au garage et là, ma petite chienne meure dans mes bras d’une hémorragie interne, très certainement… ».

Selfie de Faustine avec son arme

Outre ces mauvais moments, ce n’est parfois pas évident d’être une femme à la chasse : entre les machos et certains chasseurs qui ne supportent pas qu’une dame puisse faire mieux qu’eux, cela peut être compliqué. Mais Faustine, elle, se donne à fond. D’ailleurs, « la plupart des chasseurs sont heureux de voir une jeune fille un fusil à la main, et, dans mon équipe, je suis très bien intégrée » note-t-elle. « Sur les réseaux sociaux aussi, la majorité d’entre eux est agréable, même si certains deviennent vite entreprenants dira-t-on ». « J’assume totalement le fait d’être une chasseresse, et dans mon entourage je n’ai jamais subi de critiques vis à vis de cela ; les problèmes viennent plus de la part des anti-chasse, qui commentent souvent nos publications ou nous envoient des messages d’insultes en privé ».

Un mot pour finir Faustine ? « Oui, pour moi, les chiens sont les acteurs clés de la chasse, sans eux on ne peut rien faire ».

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